L’effet d’agenda


Il est clair que les médias contrôlent les problématiques d’actualité, c’est-à-dire les thèmes qui sont à l’ordre du jour.

Ce processus est déterminé dans la terminologie anglo-saxonne par le terme: « agenda-setting function».[1]

D’un point de vue politique par exemple, les médias parviennent à influencer ce à quoi doivent penser les électeurs et non pas ce qu’ils doivent penser. Par exemple, en 2002 le « point chaud » fut le thème de l’insécurité qui fut le leitmotiv de campagne présidentielle.

Ce qu’on ne doit PAS penser

De même, les médias contrôlent également dans une certaine mesure « ce qu’on ne doit pas penser », désigné par la sociologue allemande Elisabeth Noêlle-Neumann comme la « spirale du silence ». Les individus selon elle perdent confiance et n’osent plus affirmer leur position s’ils ne sont pas soutenus par les médias.

Impact vie citoyenne et politique

Enfin, on remarque que les médias de masse ont un impact direct sur la vie citoyenne et politique : l’accumulation d’une même information dans de nombreux supports entraine une certaine pression des médias qui parfois joue sur la vie de la Société. Par exemple, une loi peut se retrouver être votée plus rapidement sous la pression médiatique. On remarque en effet que depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, on a assisté à l’émergence de « la loi émotion » dictée sous la pression médiatique[2], notamment en matière pénale.

Presqu’à chaque grand fait sociétal correspond une loi.

Des réalités d’influence à nuancer

L’entourage direct de chacun de nous est un agent d’influence bien plus important que les médias eux même, ce qui tend à faire penser que l’influence médiatique est forcément limitée.

De même, il convient de montrer que la « spirale du silence » que nous avons évoquée est restreinte car elle postule l’existence d’individus peu autonomes et incapables d’exprimer leurs opinions par peur d’isolement. En réalité, on oublie ici que les individus sont tout à fait capables de suivre leurs idées en confrontant l’opinion de ceux qui pensent le contraire.

Le fait que l’opinion de minorités soit souvent entendue en est la preuve comme l’ont été les manifestations de José Bové en 2000 par exemple. On peut donc conclure que ces théories ne s’appliquent que pour certains individus et non pas sur l’opinion publique dans sa globalité.


[1] R.Rieffel., op. cit.(16)., 2008

[2] Ubu roi, trop de lois tue la loi, D. Lansoy., F.Sassier

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