L’homogénéisation des médias: vers une information unique?


Les informations sont la plupart du temps élaborées en amont par des agences de presse, qui fournissent les rédactions des médias abonnés.

 

Sources d’information

On compte trois grandes agences de presse généralistes qui constituent la base de l’information mondiale :

Ces sources sont les mêmes pour tous les journalistes, ce qui explique en partie que l’information varie peu d’un support à l’autre.En effet, les agences trient les informations et sélectionnent celles qui seront les mieux vendues (et donc celles dont l’opinion sera la plus friande), sous peine parfois de ne pas évoquer des informations pourtant essentielles. Les journalistes traiteront alors une information déjà partiellement tronquée.

Agences de presse: alliées ou ennemis des journalistes?

Force est de constater que ces agences de presse se trouvent être à la fois alliées et ennemis des journalistes. Ces agences jouissent d’une crédibilité sans bornes qui permet aux journalistes d’être constamment alertés. Que ce soient les politiciens, les entreprises, les ONG ou encore les syndicats en France, quasiment tous contacteront directement l’AFP si ils ont une information à transmettre, cette voie étant la plus efficace.

Au regard de cette confiance donnée aux agences, les rédacteurs en chef des différentes rédactions considèrent alors que les informations provenant de cette source priment sur les informations de ses propres journalistes de terrain. On assiste donc à un quasi copié-collé des journalistes du contenu divulgué par les agences, d’où des contenus qui peinent à se démarquer d’un quotidien à l’autre. Or, le rôle principal de la presse est pourtant d’apporter une plus-value (décryptage, reportage, mise en perspective) par rapport aux médias « chauds » que sont l’audio-visuel et Internet.

Concurrence accrue

De plus, animés avant tout par une politique de concurrence médiatique accrue et presque conflictuelle, les journalistes tendent de plus en plus à uniformiser le contenu de leurs articles. Quelles est la première chose que fait un journaliste du Figaro lorsqu’il arrive le matin à son poste ? Il lit les parutions de ses concurrents afin de s’assurer qu’aucune information ne lui a échappé la veille, auquel cas il s’empressera de rectifier cette erreur en l’abordant le jour même.

On assiste ici à un véritable paradoxe. Alors que la concurrence est censée apporter différenciation et richesse de contenu, c’est ici l’opposé : de peur de passer à coté de l’information qui fera vendre, au lieu de se démarquer par de l’unique et de la nouveauté, la concurrence pousse les médias à une uniformisation de la production de contenus. Pour savoir quel sujet aborder, le journaliste doit s’informer avant tout sur ce qui a été déjà dit dans une logique exclusivement commerciale qui amène les produits journalistiques à revêtir des ressemblances systématiques avec la concurrence.

Le journaliste n’est plus souverain mais se retrouve piégé par un jeu collectif pervers. Si France 2 traite un nouveau sujet, on peut être à peu près certain que ce sujet sera également abordé par les autres grandes chaines Télévisées (TF1, France 3 et M6). Bourdieu nomme ce processus « circulation circulaire de l’information » : une information qui se retrouve bloquée dans une sorte de cercle vicieux ne laissant aucune place à l’originalité.

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