La « néo-télévision »


La télévision : un média qui tend à se désinformer de plus en plus  (Umberto Eco, La guerre du faux)

Les dérives actuelles liées aux « contraintes commerciales » que nous avons abordées précédemment dans la section désinformation (voir menu en haut de page) prennent une dimension jamais égalée avec la télévision, aujourd’hui considérée comme l’un des principaux médias d’information. « L’ancrage de la télévision dans les pratiques de distraction se confirme ».[1]

Désinformation: le cas à part de la télévision

En tant que média d’image, la télévision jouit d’un spectre d’influence plus large qui semble dominer le champ journalistique et imposer un modèle commercial bien précis.

Elle pousse à l’expansion d’une vision de l’information basée avant tout sur l’audimat se fixant principalement sur le sensationnel et les faits divers. Avec la fin du monopole du service public on assiste aujourd’hui à une véritable mutation de la télévision. Même si l’Union Européenne souligne en effet que la télévision publique « a un rôle important à jouer pour promouvoir la diversité des cultures de chaque État, pour offrir des programmes éducatifs et des programmes de découverte, pour informer de manière objective l’opinion publique des événements et des débats en cours, pour assurer le pluralisme, et pour fournir de manière démocratique et gratuite un divertissement de qualité « .[2]

Les critères de diffusion télévisuelle sont donc censés échapper à la loi du marché et participer à la vie démocratique. L’acquittement de la redevance laisse également supposer être une garantie de qualité et de diversité des programmes et des genres proposés, cela pour tous les publics dans le souci de l’intérêt général et du pluralisme.

La « néo-télévision » définition

Pourtant, on assiste aujourd’hui à l’avènement d’une télévision d’un nouveau genre, où selon Umberto Eco, « la vérité qui compte  n’est plus celle de l’énoncé, mais celle de l’énonciation ».[3]

La néo-télévision est une expression qui exprime (le plus souvent négativement) l’évolution de la télévision depuis les années 1980 et notamment:

  • La forte émergence des sociétés privées dans le capital des chaînes
  • L’omniprésence des émissions de jeu et de  promotion commerciale
  • La « peopleisation » de la télévision
  • L’apparition de la télé-réalité
  • Le nombre réduit des émissions culturelles sur les chaînes généralistes

Ces différents points nous amènent à penser que la télévision se mute en un média sans relief aboutissant à une « version » illusoire du monde. « En quelques années, nous sommes passés d’une télévision de pénurie à une télévision d’abondance et de niches. C’est une évolution logique, que la presse écrite et la radio ont connu, elles aussi. […] Tout au long de cette transformation, le téléspectateur, lui aussi a changé […]. Là est le cœur de la révolution […] la nature de la relation du téléspectateur à ses programmes. » [4]


[1] Frédéric Barbier Catherine Bertho Lavenir, ibid., 1996.

[2] Résolution du 5 novembre 2001du Conseil de l’Union européenne sur le développement du secteur audiovisuel.

[3] A partir de l’ouvrage : La guerre du faux, Umberto Eco, 1987

[4]La fin de la télévision, Jean-Louis Missika, 2006

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